Après presque 3 semaines ici, on commence à prendre le pli.
La première des choses, et pas des moindre si on n'aime pas trop être trempé jusqu'aux os, c'est que quand le ciel prend cette couleur là, on a deux options:
- courir très vite se mettre à l'abri
- acheter un parapluie KING SIZE
On a opté pour la seconde option, nous voila donc les heureux propriétaires d'un pépin d'environ 1,50m d'envergure qui doit faire au moins 1kg (et oui, il faut savoir ce qu'on veut dans la vie parfois).
Naïfs que nous étions en arrivant au à São Paulo, nous étions équipés d'un parapluie pliant de taille standard. Cela s'est avéré plus qu'insuffisant au vu des quantités d'eau qui tombent du ciel à chaque orage tropical. Ce dernier est d'une fourberie sans précédent, il peut faire un soleil magnifique, 29°C à l'ombre et BIM! Dans les 10 minutes des nuages noirs apparaissent et c'est la catastrophe. Mes petites culottes peuvent en témoigner.
Seconde chose, les brésiliens sont extrêmement fiers de leur pays et de leurs cultures (et oui, à mettre au pluriel!). A les entendre, ce sont eux qui ont découvert l'Europe et non l'inverse. Il faut les entendre parler du Brésil, c'est à la fois intéressant et vraiment amusant pour nous français. En effet, le brésilien vous soutiendra mordicus que la meilleure cuisine au monde, c'est la cuisine brésilienne. Comment dire... Peut-être la meilleure d'Amérique, mais certainement pas du monde! Moi qui suis très gourmande, les plats typiques sont constitués pour la plupart de farine de manioc, de blé ou de banane et de viande. Sur les photos, ça ne donne pas très envie, mais jugez plutôt:
Ce plat s'appelle Farofa. D'après ce que j'ai compris, c'est essentiellement à base de farine et de haricots.
Mais je suis mauvaise langue, je n'ai pas encore goûté de plat typique d'ici, à part la feijoada, qui tient vraiment ses promesses, c'est délicieux.
Un de nos prof, Edson (non ce n'est pas une marque d'appareil photo), passe la plupart du cours à nous parler de cuisine, c'est dur à vivre parce que ça donne faim, très faim.
Bref, les brésiliens sont très fiers d'être brésiliens, c'est la première fois que je vois un peuple aussi heureux d'être ce qu'ils sont! Même si parfois, c'est vraiment de la mauvaise foi de leur part.
La troisième chose très importante c'est la complexité du pays. J'en ai déjà parlé, entre les bus et l'administration on n'est pas gâté. Mais finalement on s'y fait. Par exemple, ce matin je suis allée m'inscrire au condominio, une dame se présente juste après moi. Il lui manquait un seul papier et elle venait déjà pour la deuxième fois. La secrétaire du condominio, une jeune femme vraiment très sympathique (mais quel brésilien ne l'est pas finalement, à part la police?) lui a dit en souriant "il faut l'original de la carte d'identité madame!" et la bonne femme, sans se départir de sa bonne humeur "tant pis, je reviendrai demain! Até logo!"
Inconcevable en France.
La quatrième: les brésiliens ne savent pas compter. Ils ont toujours une calculette et n'ont pas honte de faire des additions simplissimes dessus. La notion d'exactitude est très très floue. Exemple, aujourd'hui au supermarché on devait payer R$ 24,21, je n'avais que R$ 24,15. Ben c'est pas grave, la caissière nous a encaissé sans broncher.
Dans le même registre, les pièces brésiliennes sont: 5, 10, 25, 50 centimes et 1 real. Souvent les prix ne sont pas ronds, du genre R$ 2,63. L'arrondi se fait donc souvent en notre faveur. Mais attention quand même au rendu de la monnaie, une erreur arrive vite...
Enfin, la culture brésilienne est faite de sous-entendus et de paradoxes.
Un des sous-entendu les plus impressionnant est que souvent, les brésiliens vont vous proposer de boire un café chez eux. Cela ne veut pas dire que vous êtes invité chez eux, à moins qu'ils ne vous donnent leur adresse ou qu'ils vous appellent directement. Non, cela veut dire "on reste en contact". Ca marche aussi avec le cinéma, et toute autre sortie. Il faut le savoir au risque de passer pour un rustre!
En ce qui concerne les paradoxes, parler de s*xe (je me protège d'éventuels pervers) en cours ne dérange personne, au contraire, c'est un sujet comme un autre. En parallèle, le s*xe en lui même est une chose assez tabou et très privée, il ne faut pas oublier que la grande majorité de la population brésilienne est catholique et pratiquante. Enfin, on est pas à une contradiction près...
Sur ce mes amis, je m'en vais faire mes tarefas (à vous de deviner ce dont il s'agit!) et organiser mon week-end à Florianopolis!
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